dimanche 8 juillet 2012

Liste des 1000 trucs à faire quand on est au chômage

Après avoir passé mon dimanche à lancer des lessives, nettoyer mon nid pour qu'il ne ressemble plus à Sarajevo, un masque du visage, un gâteau aux pommes pour les 26 ans de mon nouveau collègue, à me balader en forêt, engloutir un tajine triple boulettes-amandes-pruneaux et adorer le magnifique De Rouille et d'os, de Jacques Audiard (une belle leçon de vie),

quel bonheur de vous retrouver !

Ma première semaine en immersion totale en entreprise ne m'a laissé aucun répit.
Retrouver enfin le chemin de l'écriture relève d'un inouï orgasme neuro-psychique. Aaahhhhh.

Je commence donc à apprendre un métier tout nouveau tout neuf, venu tout droit de la cinquième dimension : chef de projet dans l'audiovisuel.
J'observe beaucoup, j'essaie de retenir des termes hautement poétiquement techniques, tels que : mpeg2, beta, authoring, presseur, baseLine, et j'en perds mon latin.

Je l'avoue : la technicité de ce job sorti du film d'animation Wall-E m'impressionne, moi qui ne fais que jongler avec les mots et les lettres de notre langue française.

Pendant toute ma semaine d'apprentissage, j'ai pas mal cogité.
J'ai pensé à cette chance que j'avais de bosser avec une équipe patiente, à l'écoute, répondant à mes demandes et m'expliquant chaque détail du boulot,
j'ai réfléchi à toute cette confiance en moi que m'avait ôté (pour ne pas dire volé) le chômage au fil de tous ces mois.
Moi qui suis une battante et m'adapte à toutes les situations, j'ai douté quelques instants, face à l'ampleur de ce métier inconnu : serai-je à la hauteur ?

Et puis, j'ai repensé à mon chômage trèèès longue durée (toujours d'actualité), à ce temps, ces secondes, chaque minute qui s'étirent à l'infini.
Du jour au lendemain, on passe du tsunami professionnel à la sécheresse éthiopienne.
Au début, cette disponibilité soudaine avec soi-même fait toujours un drôle d'effet.
Une nouvelle musique nous trotte dans la tête quand l'aube s'éveille : "Alors, qu'est-ce que je vais bien pouvoir tricoter aujourd'hui ?"

Subir le chômage, c'est partir à la rencontre de mille petits riens qui occuperont nos longues journées au fil des 4 saisons.

Je réfléchissais à la liste des mille trucs à faire pour s'occuper, liste que j'ai eu le loisir d'expérimenter pendant tous ces mois de disette.
Et boudiou qu'elle est longue, on n'en voit plus la fin !

Etre inscrit à Pôle Emploi permet donc de :

- faire de bonnes grass' mat



- sous entendu de sortir le soir, veiller plus tard.

- traîner en jogging trois bandes ou en pilou-pilou toute la journée, le cheveu gras et le regard déprimé, si ça nous chante. De toute façon, ces jours-là, on ne pointe pas son nez dehors.

- se limer les ongles, hésiter entre 5 couleurs de vernis avant de s'en peinturlurer chaque ongle pour ressembler à une guirlande de Noël clignotante.

- lancer des machines, repasser, éradiquer les poussières, essuyer un dégâts des eaux... passionnant.

- se connecter 50 fois à FaceBook pour suivre l'actualité de ses nombreux amis qu'on connaît à peine.

- parcourir 70 fois les mêmes sites d'emploi en priant pour qu'une offre corresponde enfin à notre profil

http://www.categorynet.com/
http://www.asfored.org/
http://www.apec.fr/Accueil/ApecIndexAccueil.jsp
http://www.pole-emploi.fr/accueil/
Stooooop !!!!!!

- se mordre les doigts de ne plus être étudiante, vu le nombre de stages proposés par les entreprises.
Douce France, le pays du Stage !!

- tester des formations passionnantes qui n'aboutissent à aucun emploi. Un stage, peut-être ?

- disserter rempotage, terreau et grains grains pour pigeons avec la voisine du dessus.

- avaler café et brioche devant Amour, Gloire et Beauté, l'ami du petit déjeuner.

- gober une boîte de lentilles carottes avec Ali Baddou et l'équipe de La Nouvelle Edition et, rebelote, mater Les Feux de l'Amour à 14 h pour digérer, c'est pathétique.

- discuter 4 heures au téléphone avec ses cops pour déverser sa détresse professionnelle, pleurer sur cet avenir incertain et obscur, tailler plusieurs costumes à Pôle Emploi et à ses conseillers perfusés au Lexomil.

- passer son temps à rassurer la famille, les parents, Mamie Doux, dont le disque semble aussi rayé qu'un vieux 33 tours de Franck Michael : "alors, tu as trouvé un travail ?"

- chercher du travail...

- visiter les locaux de Pôle Emploi au moins 2 fois par semaine pour perdre son temps, surtout sa patience, et en rester au même point mort.

C'est triste, hein ?

- faire des brasses palmées parce que l'entrée de la piscine est gratuite quand on brandit sa carte de chômeur.

- pleurer, oui oui ça arrive, quand on n'en peut vraiment plus de n'avoir que des P..... de réponses négatives à ses Cv : "désolé, nous ne prenons que des stagiaires, désolée, nous n'avons pas de budget, désolé, notre équipe est restreinte, désolé, désolé, désolé................. BUG.

- se lover dans le canapé, atteint du syndrome de la zapette.

- refaire son Cv pour la énième fois avec de jolies couleurs et des typos originales pour valoriser son expérience, l'envoyer, relancer, envoyer, relancer, envoy.....

- se remettre à fumer, un peu, parce que ça calme les nerfs et que ça passe le temps, je sais, ce n'est pas bon pour la santé.

- redécouvrir les joies de la nature et de la marche pour combler le temps et reprendre des forces.

- se faire des masques du visage pour retendre les traits et le sourire.

- faire une cure de lecture, de littérature, de magazines aussi passionnants que futiles... Je ne citerai aucun magazine People...

- marcher dans les tunnels d'un métro à cause d'un grave accident voyageur et découvrir les dessous de Paris, fascinant. La preuve, pour vous, en images :






- faire les courses rapidement, préférant les marques estampillées "Oiseau rouge" plutôt que de l'étoile Gourmet, et le thon en boîte plutôt que le filet de bar à 75 euros les 100 g.

- Ne rien faire, scruter le plafond en attendant que ça se passe, les neurones aussi inexistants que ceux d'un bulot et d'un poisson rouge.

- Rêver qu'un employeur va enfin vous appeler pour vous proposer l'éden, le job de vos rêves !

- Mais non, ça ne vient pas, on vérifie quand même 30 fois le répondeur de son portable au cas où un message serait passé inaperçu.

- Se faire une grille de Loto pour la Super cagnotte à mille milliards d'euros en rêvant à tout ce qu'on pourrait faire avec tous ces billets ; toutefois, je n'ai même pas la chance du débutant...

- Penser à tout arrêter, le journalisme, l'écriture, mes rêves et partir élever les cochons sur les plateaux montagneux de Corse.

- Ouvrir le Larousse de la Cuisine du Terroir et tester toutes les recettes régionales de pâté en croûte, de terrines et de jarrets. Il faut bien s'occuper.

- Se faire un ciné à 11h du mat' pour avoir la salle déserte rien que pour soi et engloutir un paquet de Granola incognito.

- Espérer, toujours espérer, ne jamais lâcher, préserver cette confiance en soi qui s'étiole par moment.
Parce que le chômage finit par isoler et, il faut bien le dire, à tellement décourager que, par vague, on se sent submergé par une vague de pessimisme aigü.


Si, vous aussi, vous avez vos "trucs" de survie anti-chômage, n'hésitez pas à allonger cette liste ! 
Vous êtes les bienvenus ;)


A très vite...




4 commentaires:

Anonyme a dit…

Super cet article :) en tant que stagiaire je ne peux que valider !!!!

http://prendsmoipourunebille.wordpress.com/

Erzulie a dit…

Cet article est 1 000 fois réaliste ! Je n'ai connu que 3 mois de chômage et pourtant c'est ce que j'ai vécu. Le canapé, le fameux canapé, ce que j'ai pu l'aimer, quand aux sites de recherches d'emploi, je les connaissais par coeur. J'ai imaginé un nombre impensable de reconversion professionnelle, le ciné, la piscine, espérer ... Je te souhaite de trouver le job de tes rêves, en tout cas, ne cesse jamais d'y croire et en attendant, félicitations pour ce nouveau travail ;)

Anonyme a dit…

Ho un petit bol d'air dans la journée d'une chômeuse :) !
Ca ne fait "qu'un mois" que je suis au chômage mais... Je commence déjà à tourner en rond.

Et dire que quand je travaillais, je rêvais de week-end de 4 jours pour pouvoir vaquer à tous mes centres d'intérêts...!
Sauf que devant une telle immensité de temps libre, sans impératifs, sans contraintes horaires, sans délais, on se sent tout à coup un peu perdu... Il faut chercher un travail, certes, mais il y a aussi la culpabilité de profiter un peu de ce temps. Et l'envie de se reposer mais en même temps les jambes qui fourmillent de ne rien faire.
Et puis ce qu'on ne dit pas, c'est que c'est difficile de ne pas s'isoler un peu : les amis, les anciens collègues, la famille travaillent ! Le rythme de nos journées changent. Et puis on a l'impression d'avoir moins de conversation aussi... ;)
C'est en fait plein de contradictions :p !

Bref, je découvre ces joies, que j'espère ne pas savourer trop longtemps ;)
Merci pour cette liste d'idées ;) ! J'y ajouterai : "laisser des commentaires sur des blogs"... ;)

pialou a dit…

super moi je vais you tube relaxation music ça détend