samedi 21 janvier 2012

L'ASS, l'Abyssal

Ce blog devrait être une partie de franche rigolade, à se fendre la pastèque en deux, se tortiller le bidon et se taper sur les cuisses.
Aujourd'hui, je n'y arrive pas. Mon sourire a foutu le camp de mes lèvres, ma gorge est rétrécie et mes yeux s'humidifient pour de bon.

J'ai la gueule de bois.
Pas la faute à cette belle soirée entre amies qui s'est prolongée tard dans la nuit.
Pas la faute aux bulles de l'ivresse.
Non, non, la faute à ce courrier de Pôle Emploi reçu ce matin. Un samedi. Me confirmant mon Admission à l'Allocation de Solidarité Spécifique : l' A-S-S. On ne pouvait pas attendre lundi avant de me saper le moral ?

Merde, des perles jaillissent de mes yeux.

Pour un montant net journalier de 7,94 €.
Renouvelable tous les 6 mois sur justificatifs. Et bah voyons, au cas où je ne voudrais surtout pas retrouver un vrai contrat, juste me la couler douce avec cette confortable ASS.

Mon homme est passé me voir, on devait déjeuner ensemble.
C'est râpé. Il tombe au mauvais moment.
Impossible de faire semblant. Du sang arménien coule dans mes veines, du sang oriental chaud bouillant. Même si je ne donne pas dans la Comédia Del Arte, je ne suis pas du genre à intérioriser mes émotions.
ll ne comprend pas pourquoi je me mets dans cet état d'énervement et de tristesse.
Ah non, vraiment ?
Il ne manquait plus que ça.
Mon petit coeur atterrit dans mes petons qui, eux, s'enfoncent de dix centimètres supplémentaires dans mon lino rabougri.
Finalement, il repart, c'est mieux ainsi. J'ai besoin de cuver ma peine.

Niet, pas le droit au RSA, juste l'ASS.
Moitié moins.
Je sors ma calculette, je compte, multiplie, recompte, remultiplie pour être certaine d'avoir bien lu le montant mensuel.
Moitié moins, pas d'erreur, je sais encore compter.
Ce n'était pas prévu dans mes calculs.
J'ai la trouille.

Et mon nez qui coule et se bouche, à présent.
Je dois ressembler à un croisement entre un ornithorynque et un lapin russe.

Mais de quoi je me plains ? Des milliers de gens sont dans mon cas. Je vais faire comme tout le monde.
Me trouver un bon job alimentaire et m'asseoir sur mon métier de journaliste. Mes études long courrier ne m'avaient pas préparée à ce formidable rebondissement de carrière.
Demain, dimanche, je bosse pour écrire mon unique pige qui paraît tous les 2 mois.
Mon optimisme vient, elle aussi, de foutre le camp.

Bon, ce n'est pas tout ça mais j'ai à faire. Je m'en vais rebooster le mercure de ma motivation et de ma bonne humeur.


Touchée, coulée...
(non, Miss Aigreur, tu ne m'auras pas !)


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je sais enfin, ce qu'est l'ASS ! Je ne savais pas qu'il pouvait y avoir revenu + minable que le RSA. C'est triste ! Mais, je n'ai tjs pas compris pourquoi tu percevais ça et pas le RSA ?
Je te souhaite bien du courage, en espérant que tu t'en sortes, tu le mérites. LN77